27 octobre 2008

PEROU : PUNO – AREQUIPA – CUSCO

Du 22 août au 26 septembre 2008

Nous passons aisément la frontière à Copacabana mais quelques km plus loin, au premier barrage, la police péruvienne nous rappelle qu’ici la ceinture de sécurité est obligatoire, mais finalement consent à transformer l’amende encourue (la « multa ») en « collaboration » (ben tiens !), que nous négocierons à 0,7 € !

Nous arrivons à Puno, 3800M d’altitude et capitale de l’altiplanoaltiplano péruvien, en soirée et réservons pour le lendemain un tour sur les îles UROS, les célèbres îles flottantes, situées à 1H de Puno, où tout est bâti en roseau (la « totora »), jusqu’au sol lui-même, qui est constitué d’un enchevêtrement épais de roseau posé sur pilotis ; A mesure que les couches inférieures des roseaux pourrissent, on en rajoute de nouvelles par-dessus. Marcher sur ce sol flottant procure une sensation curieuse. Les embarcations en roseau, qui demandent de 3 à 6 jours de travail, mettent 6 à 9 mois avant de pourrir. La totora a également une fonction alimentaire car sa racine est comestible ; ns y avons goûtée. Aujourd’hui les 300 habitants de ces îles vivent quasi exclusivement des revenus tirés des nombreuses visites touristiques : chaque groupe est accueilli sur un des 40 îles amarrées les unes aux autres (une île est un carrée de 15 m de coté sur lequel sont bâties une huitaine de « cases » et où vivent 3 à 4 familles) suivant un rituel bien rodé : explications « techniques », visite des cases et découverte de l’artisanat, en particulier le tissage : le tout dans une ambiance agréable et un cadre magnifique.

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Après les îles et 5H de route avec plusieurs cols à 4500M, ns arrivons à Arequipa, deuxième ville du Pérou, isolée entre mer et montagne et dominée par 3 volcans dont le Misti (5822 m) et le ChachaniChachani (6075 m).

Située au cœur d’une oasis verdoyante, cette cité opulente est surnommée la « ville blanche » en raison du principal matériau de construction de ses grandes demeures coloniales : le sillar, pierre volcanique, d’un blanc étincelant sous des cieux ensoleillés toute l’année.

Nous y passerons 10 jours, confortablement installés dans le jardin de l’hôtel « Las Mercedes », le temps d’en visiter les nombreux édifices religieux, dont la COMPANIA, magnifique église construite par les jésuites et surtout le CONVENTO DE SANTA CATALINA.

Après avoir abrité pendant 4 siècles une communauté de carmélites issues des riches familles espagnoles de la région, il est ouvert au public depuis 1970. Fondé en 1580, il occupe une superficie de + de 20 000 M2 et abritait jusqu’à 500 religieuses. Les couventines devaient être d’origine espagnole et apporter une dot de 1000 pesos d’or pour entrer dans l’ordre (certaines très riches héritières ont apporté bien plus et ont pu se faire construire de vastes demeures, très éloignées des « cellules » de bon nombre de couvents), elles avaient leurs domestiques particulières et mangeaient dans de la vaisselle de porcelaine, sur des nappes en damas et des couverts en argent.

Santa Catalina est une citadelle au milieu de la ville. En y pénétrant on se retrouve en plein XVIe siècle. C’est un dédale de patios, de cloîtres ornés de fresques, de maisons particulières, de bâtiments monastiques séparé par de véritables rues, bâtis en sillar coloré de couleurs gaies, ocre, jaune et bleu. La plus grande partie se visite, mais il reste des bâtiments où vivent encore une vingtaine de religieuses.

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Nous visitons aussi le très intéressant Museo de los Santuarios Andinos, qui abrite l’une des découvertes les plus marquantes de ces dernière années, la célèbre « Juanita vierge des glaces », momie d’une jeune inca sacrifiée il y a 500 ans sur les hauteurs gelées du mont Ampato (6 380 m) et que les glaces éternelles ont conservée presque intacte jusqu’au jour de sa découverte en 1995. L’irruption du SabayancaSabayanca, volcan voisin dont les cendres se déposèrent sur l’Ampato, provoque la fonte partielle des glaces, découvrant le corps momifié. L’archéologue américain John Reinhard et le guide péruvien Miguel Zarate, qu’une extraordinaire intuition avait poussé à organiser une expédition vers le sommet, la découvrirent qq heures plus tard avant que le soleil n’ait eu le temps de trop l’abîmer. La visite commence par un documentaire qui relate la découverte et reconstitue le parcours du cortège composé des prêtres et des enfants destinés à être sacrifiés, issus des familles les plus nobles, pour lesquelles le choix d’un de leurs enfants était un immense honneur, ces derniers étant destinés à se réincarner ensuite en dieu ou déesse ; puis toute la cérémonie, qui durait plusieurs jours, préparatrice au sacrifice (le tout se passant à + de 6 000 m avec un équipement des plus sommaires, des sandales en cordelettes…). Les enfants étaient vêtus des plus beaux vêtements, parés des plus beaux bijoux en or et argent, « drogués » à la Chicha, alcool de mais très fermenté, et étaient inconscients avant d’être « assommés » d’un coup précis et fatal puis enterrés. Juanita n’est pas la première momie sacrificielle retrouvée au sommet des Andes, mais c’est la mieux conservée de toutes et la première femme.

Cette visite est extrêmement prenante et passionnante, comme le fût celle du MAAM à Salta, où sont exposées les 3 momies d’enfants retrouvées ensembles par le même archéologue américain en 1999 au sommet du LlullaillacoLlullaillaco à 6 739 m. 

Nous attendons aussi à Arequipa de recevoir les cours du CNED pour Romane, que nos amis Armelle et François ont apportés de France dans leurs bagages et postés de Bogota ; et nous y croisons Emma et Thomas, rencontrés une première fois vers Trinidad en Bolivie. Sur leurs conseils, nous les rejoignons dans une charmante station balnéaire à 2H de route : MOLLENDO, où nous profitons pendant 3 jours des immenses plages mais pas de l’océan, trop froid à cette saison sous ces latitudes et passons plusieurs heures à observer des pélicans (balourds à terre mais incroyablement majestueux en vol) aux lagunas de Mejia.

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En remontant vers CUSCO nous passons aux thermes de CHIVAY et par le splendide CANYON DE COLCA et son célèbre mirador, la CRUZ DEL CONDOR, d’où nous admirons pendant 2 H. les évolutions d’une dizaine de condors, qui nous font une véritable démonstration style patrouille de France, en passant parfois à 3 m au dessus de nos têtes.

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A CUSCO, nous nous posons au camping QUINTA LALA, comme tous les voyageurs motorisés de passage, et avons l’excellente surprise de voir arriver un camping car français : Stéphane, Caroline et leurs 3 enfants Manon 9 ans, Romane 8 ans et Thomas 6 ans, qui voyagent depuis 2 mois en Amérique du Sud.

Aussitôt se forment le groupe des filles et le groupe des garçons, qui passent une semaine à profiter du vaste terrain, de la cuisine en dure à disposition et de la dizaine de poules pour partir à l’aventure, cuisiner, chasser…et bien sûr organiser le classique et néanmoins très attendu « spectacle des enfants» : cette fois une pièce de théâtre avec prince, princesse et sorcière.

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Alors que Stéphane et Caroline emmène le groupe des filles, nous emmenons les 2 garçons pour visiter Cuzco, ancienne capitale de l’empire Inca (Cuzco signifie « le nombril » en quechua et était pour les Incas l’ombilic du monde). A son apogée au XVe siècle Cuzco était déjà une métropole riche, à l’architecture imposante.

D’énormes murs aux pierres parfaitement ajustées sans aucun mortier témoignent encore du génie technique des Incas (la visite des imposants vestiges de la forteresse de SacsahuamanSacsahuaman, situé à qq pas du camping, édifiée à l’aide de blocs mégalithiques de parfois + de 15 tonnes, démontre ce génie constructeur). Les conquistadors bâtirent d’ailleurs leurs propres édifices sur les indestructibles fondations Incas, ce qui confère, encore aujourd’hui, un style unique à la ville ; à l’image du couvent Santo Domingo où nous pouvons voir les très beaux bâtiments religieux reposants sur des murs incas.

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Souhaitant éradiquer la « païenne » culture Inca, les Espagnols construisirent à Cuzco un très grand nombre d’églises, toutes plus belles les unes que les autres (pour la plupart reconstruites après le tremblement de terre de 1650 qui détruisit les constructions espagnoles mais pas les fondations incas).

Le centre de Cuzco a été remarquablement conservé et en nous promenant dans les étroites ruelles autour de la plaza de Armas, sillonnées en leur milieu par un caniveau de pierre, tel qu’à l’époque des Incas, et sous les balcons de bois des belles demeures coloniales, ainsi que dans le quartier San Blas avec ses galeries d’art et les échoppes des artisans, nous admirons sans limites ce magnifique style hispano-incahispano-inca propre à la ville qui vit à la fois dans le passé et dans le présent et demeure au carrefour de 2 cultures.   

 Après le départ de nos amis, nous prenons la direction de OLLANTAYTAMBOOLLANTAYTAMBO, à 70 KM, village le plus proche du MACCHU PICCHU, accessible avec la Maison Blanche.

Sur la route, nous visitons le très joli village de CHINCHEROCHINCHERO ; les salineras de MARAS, où les habitants du village profitent d’une source d’eau tiède et salée, pour exploite de petites concessions et récolter ainsi, dans un cadre magnifique, qq kilos de sel ; et le site de MORAY, où d’immenses terrasses circulaires permettaient aux incas d’expérimenter de nouvelles techniques agricoles.

A OLLANTAYTAMBOOLLANTAYTAMBO, nous stationnons sur le parking des bus amenant leur flot de touristes de CUSCO, car c’est d’ici que partent les trains qu’emprunte obligatoirement tout visiteur qui préfère éviter les 4 jours de marche magnifiques mais difficiles du « Camino del Inca » reliant CUSCO à MACCHU PICCHU. 

Après 1H40 de train et 30 min de bus, nous arrivons enfin sur le site et comprenons en un instant pourquoi il a été élu parmi les « 7 nouvelles merveilles du Monde » en juillet 2007 : grandiose !!

Situé à 2400 m, en pleine jungle amazonienneamazonienne, le MACCHU PICCHU (le « vieux pic ») est le nom que les indiens de la région ont donné à l’éperon rocheux au sommet duquel est installée la ville. Le piton qui le surplombe s’appelle HUAYNA PICCHU (le « jeune pic »).

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Un peu d’histoire : en juillet 1911, alors que l’explorateur américain Hiram BINGHAM campe sur les rives de l’Urubamba, la rivière qui serpente au pied du MACCHU PICCHU, il rencontre par hasard un campesino du nom de Melchor ARTEAGA, qui le mène jusqu’aux ruines, envahies par la forêt vierge. Sur le moment, il ne soupçonne pas l’importance du site mais rapidement il le reconnaît comme « le plus pur chef d’œuvre des Incas ».

On décrit le plus souvent MACCHU PICCHU comme un refuge secret des Incas, farouchement caché aux conquistadores. Mais les Espagnols, qui avaient beaucoup d’alliés parmi les indigènes, n’auraient pu ignorer l’existence de toute une région active et bien peuplée (par la suite d’autres villages oubliés furent découverts). Pourtant ils n’en apprirent jamais l’existence. Pourquoi ?

La seule explication plausible est que beaucoup d’indiens l’ignoraient eux-mêmes. Pour une raison inconnue, les villes de cette région furent abandonnées avant la conquête et leur souvenir s’éteignit. Plusieurs hypothèses ont été avancées.

La plus plausible à ce jour, est que MACCHU PICCHU était un « domaine royal » appartenant à l’Inca PachacùtecPachacùtec et fut fondé et peuplé par la « panaca » (la lignée) de l’Inca et que, une fois cette lignée éteinte, une génération ou deux après PachacùtecPachacùtec, la région fut rapidement abandonnée.

La seule certitude est que MACCHU PICCHU fut construite, habitée et abandonnée en l’espace de 100 ans. Le reste n’est que conjonctures.

Après 4 H de visite, nous revenons sur le plancher des vaches la tête pleine des paysages magnifiques et des vues grandioses du site et les jambes fourbues car nous avons beaucoup grimpé et descendu.

L’étape suivante sera encore plus sportive : en effet le site de Pisac est a peine moins spectaculaire que Macchu Picchu mais beaucoup plus vaste. C’est aussi le site archéologique inca le plus complet après Macchu Picchu et se compose comme toutes les villes fortifiées des incas, de plusieurs séries de terrasses agricoles, de groupes d’habitations, de greniers défendus par des tours et des forteresses et aussi d’une nécropole de niches dans une falaise toute proche.

En dehors des ruines, Pisac est également renommée pour son marché artisanal dominical qui transforme tout le village en immense marché et accueille aujourd’hui autant de cars de touristes que de campesinos en costume aux couleurs vives, coiffés d’un chapeau ont la forme indique le village d’origine. Nous déambulerons toute une matinée dans les ruelles du village à nous régaler les yeux dans une ambiance de braderie avant de retourner qq jours à notre camp de base à Cuzco

Posté par ODIC2010 à 23:03 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur PEROU : PUNO – AREQUIPA – CUSCO

    Un voyage magnifique et tellement bien raconté

    Posté par Anna, 12 novembre 2008 à 13:17 | | Répondre
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